Selon l’approche somatique, le tremblement est perçu comme une réponse innée et essentielle de notre organisme, permettant de relâcher les tensions excessives accumulées lors d’événements stressants ou traumatiques. Ce réflexe, commun à tous les mammifères, aide à revenir à un état de repos et de sérénité en éliminant l’énergie et les substances neurochimiques générées par le stress.
Comment les mammifères évacuent-ils le traumatisme ?
Contrairement aux humains, les animaux n’ont pas réprimé cette capacité naturelle. Par exemple, une gazelle qui échappe à un prédateur tremble intensément après l’événement, évacuant ainsi le trop-plein d’énergie produit par son corps pour survivre. Ce processus instinctif permet à l’animal de reprendre rapidement le cours de sa vie, sans conserver de tensions résiduelles.
Dans l’exemple ci-dessus, l’impala ne pouvant plus fuir face au guépard, s’immobilise feignant la mort, son corps produisant la chimie inhibant les sensations liées à la douleur. Puis, le prédateur ayant dû lâcher sa proie, on observe que la vie reprend peu à peu dans le corps de l’impala (respiration) qui va se mettre à se secouer fortement avant de se lever pour aller rejoindre ses congénères et de reprendre sa vie normalement.
L’humain : un mécanisme bloqué par le mental
Les humains disposent de la même capacité, mais celle-ci est souvent inhibée par des conditionnements sociaux et culturels. Dès l’enfance, nous apprenons à réprimer nos tremblements, de peur d’être perçus comme faibles ou peureux. Pourtant, ce réflexe corporel est un outil précieux pour libérer les tensions.
Lorsque le mental bloque cette décharge naturelle, l’énergie excédentaire générée pour faire face à la menace reste piégée dans le corps. Les muscles se contractent pour contenir cette surcharge, créant un état de tension chronique. À long terme, cela peut entraîner des symptômes liés au stress post-traumatique (SSPT).
Une boucle de tension qui alimente le traumatisme
En temps normal, lorsque l’événement stressant est passé, le système nerveux autonome (SNA) est conçu pour activer un mécanisme de décharge, souvent par le tremblement, afin d’informer le cerveau que le danger est passé et que le mode alerte peut être levé. Cependant, si cette décharge ne se produit pas, une boucle s’installe :
– Le cerveau, croyant toujours être en danger, maintient l’état d’alerte et commande au corps de rester prêt à fuir ou combattre,
– Le corps, en tension constante, renforce l’idée que le danger est toujours présent.
Cette boucle perpétue le stress et empêche le retour à un état de repos.
Le rôle des tremblements dans la guérison
Activer le mécanisme naturel de relâchement des tensions est une étape cruciale pour signaler au corps et au cerveau qu’il est possible de quitter le mode “alerte”. Le tremblement permet de décharger l’énergie résiduelle, de libérer les muscles contractés et d’interrompre la boucle de tension. En réhabilitant cette capacité instinctive, il est possible de favoriser la récupération physique et émotionnelle après des phases de stress ou un traumatisme.
Revenir à cette sagesse corporelle oubliée est une clé pour restaurer un équilibre durable. Laisser le corps trembler grâce au TRE®, sans jugements ni résistances, permet de s’alléger des tensions et de retrouver un état de calme intérieur.


